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Actualité et société

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11 juin 2016

Des bars qui ont le vin en poupe

Considérés comme rétrogrades et démodés il y a vingt ans, les bars à vin sont remis au goût du jour. Plongée dans ces établissements modernes qui ont su se renouveler…

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Un bar à vin

Grand millésime pour les bars à vin

Au milieu du XIXème arrondissement, un bâtiment champêtre, Le Rouge et le Verre attire l’attention des badauds : il s’agit du troisième bar à vin d’Albert, passionné de viticulture. Sur les murs, décorations boisées et ornements floraux transportent le client en plaine campagne. Les tables sont ornées de napperons à carreaux blancs et rouges et d’épis de maïs. Dans le coin, une cheminée renforce cette atmosphère bucolique. Et, tout autour de cette pièce à l’ambiance si particulière, des centaines de bouteilles des meilleurs vins français sont alignées, incluant 250 variétés. Les Marquis de Calon concurrencent les Barons de Brane pour des amateurs séduits. « Les clients affluent, désireux de goûter au patrimoine national », se réjouit Albert. Et cet établissement ne constitue pas une exception. D’après une enquête de l’institut Ipsos, il en existerait 1000 similaires et France, dont 2/3 en Ile-de-France. Un nombre étonnant, alors que ces bars semblaient démodés il y a vingt ans.

« Des bars à vin très divers »

A une heure de l’établissement d’Albert, dans le VIIIème arrondissement, Frédéric, propriétaire de L’Ecluse Madeleine, dresse le même constat. Selon lui, « les Français souhaitent se retrouver autour de thèmes communs. Or, le vin s’avère fédérateur ». Pierre, 25 ans, attablé au comptoir et habitué de L’Ecluse, ajoute que « l’attrait des bars à vin réside dans la variété des établissements ». Une explication confirmée par Samia, spécialiste restauration de l’office du tourisme, place de la Madeleine. Elle insiste sur la création « de bars à vin très divers : certains misent sur l’utilisation de produits naturels, d’autres mêlent dégustation, gastronomie et animations culturelles ». Frédéric a lui choisi de créer une atmosphère intimiste, sensuelle et musicale à L’Ecluse. Il a investi dans un ancien cabaret, « où se sont produits les plus grand artistes français, de Sarah Bernhardt à Jacques Brel, de Barbara à Serge Lama ». Des grappes de raisin suspendues aux murs y répandent une odeur enivrante. Les fauteuils de velours rouges contrastent avec les sofas marron. Un décor d’époque, qui séduit les clients.

Et le vin coulera longtemps dans les bars

Cet essor des bars à vin ne semble pas prêt de s’estomper. L’étude réalisée par l’institut Ipsos révèle que le public des bars à vin augmente et se diversifie. Les femmes et les jeunes les fréquentent désormais davantage. Les connaisseurs et les vignerons y côtoient les novices. 23% des clients se définissent comme néophytes contre 53% d’amateurs et 19% de spécialistes. Des clients divers, attirés par des prix abordables, le budget moyen d’un client s’élevant à 23 euros. La mode devrait donc se poursuivre, sans modération.

 Actualité et société

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11 juin 2016

Génération généreuse

D‘après une récente étude de l’association Recherches et solidarités, les moins de 30 ans représentaient 31% des donateurs en 2014. Retour sur les motivations de ces jeunes au grand cœur…

 

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Une enquête de la fondation Recherches et solidarités en partenariat avec l’Institut des dirigeants d’associations et fondations révèle que les moins de 30 ans ont donné davantage aux associations que les plus de 70 ans sur l’année 2014. L’étude indique également que les jeunes consacrent en moyenne 1,8% de leurs revenus aux organisations caritatives, contre 1,1% pour l’ensemble de la population, et ce malgré les difficultés économiques auxquelles nombre d’entre eux sont confrontés.

Cette générosité, loin de se révéler soudaine et ponctuelle, rejoint un phénomène d’engagement associatif accru de la jeunesse française. En 2013 déjà, une enquête Ifop révélait qu’en trois ans, le bénévolat avait progressé de 32% chez les 15-35 ans. Face à cet essor, l’association Tous Bénévoles, qui permet à chacun de trouver une mission associative appropriée à ses compétences, a créé le Prix « Jeune & Bénévole » en 2011 pour récompenser les meilleurs témoignages de ces jeunes.

Leur engagement s’explique par une volonté de se montrer utiles et solidaires, de diffuser des valeurs humanitaires, mais aussi de tisser des liens sociaux. « Si j’ai voulu aider une fondation, c’est pour améliorer la situation de personnes en difficulté » explique Alice, bénévole aux Restos du Cœur depuis un an. Parallèlement, ces jeunes se révèlent d’une grande aide pour les associations, notamment en raison de leurs compétences en communication et technologies modernes. Ils apportent également dynamisme et créativité à ces organismes, deux atouts essentiels pour redonner du courage aux plus démunis. Et surtout, ils prouvent que la solidarité et l’engagement font partie de la vie et lui donnent du sens.

Actualité et société

18 mars 2016

Vers la fin du leadership allemand ?

Alors que la crise migratoire divise les pays européens, la puissance allemande semble contestée en matière politique et économique.

Des décisions politiques controversées

En 2015, un million de réfugiés sont arrivés en Europe. Dans ce contexte, Angela Merkel l’affirme avec force : les accords européens peuvent davantage résoudre la crise des migrants que les décisions unilatérales. Une conviction contestée par les pays des Balkans. La Slovénie, la Serbie, la Croatie et la Macédoine ont successivement fermé leurs frontières, bloquant 30 000 migrants en Grèce. A Idomeni, ville située à la frontière gréco-macédonienne, 12000 réfugiés vivent dans des conditions déplorables. Mais les pays des Balkans ne sont pas les seuls à contester la politique migratoire allemande. La France conteste l’accord avec la Turquie imposé par la chancelière aux 28.

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Réfugiés coincés à Idomeni, ville située à la frontière gréco-macédonienne

 

La remise en question du modèle économique allemand

A ces contestations politiques s’ajoute la remise en cause de la puissance économique de Berlin. En janvier 2016, les exportations, pilier de l’économie allemande, ont reculé de 0,5%. La croissance du pays semble désormais reposer sur les dépenses publiques plus que sur le commerce extérieur. Celui-ci subit de plein fouet les conséquences de la tourmente boursière des BRICs, en particulier de la Chine. La France refuse également de respecter la politique d’austérité imposée par la chancelière. Depuis les attentats de novembre, le président Hollande souhaite renforcer la défense du pays, ce qui implique d’augmenter la dette du pays et donc les contributions allemandes aux dépenses de la communauté européenne.

Un modèle allemand encore puissant

Cette remise en cause du leadership allemand par les pays européens demeure pourtant à nuancer. Malgré ses difficultés économiques, la croissance du pays s’est stabilisée pour atteindre 1,7% en 2015. L’excédent commercial du pays, ramené à 18, 9 milliards d’euros, a diminué en janvier 2016. Sur le plan politique, la chancelière connait certes des difficultés, à l’échelle internationale comme à l’échelle nationale, avec la montée de l’AfD lors des dernières régionales. Néanmoins, elle demeure populaire : un récent sondage paru dans le Spiegel révèle que 78% des membres de la CDU (son parti chrétien-démocrate) et 79% des Verts se disent satisfaits de sa politique. La preuve que l’Allemagne est encore une grande puissance européenne. 

20 janvier 2016

Allain Bougrain Dubourg : le combat d’une vie

Fervent défenseur de l’environnement et du monde animal, Allain Bougrain Dubourg publie ses mémoires, Il faut continuer de marcher, aux éditions de la Martinière. Rencontre avec un journaliste engagé qui a consacré sa vie à la protection de la biodiversité…

 « C’est quoi ça ? C’est du phoque ? » plaisante Allain Bougrain Dubourg en apercevant ma capuche bordée d’un col en fourrure (synthétique bien sûr). On pourrait le croire épuisé et résigné après tant d’années de combat… Mais non. Bien au contraire, Allain Bougrain Dubourg n’a rien perdu ni de son humour, ni de ses espoirs. Et le titre même de ses mémoires, Il faut continuer de marcher, le prouve. Son rêve demeure toujours le même : celui d’une « grande réconciliation » entre l’homme et l’animal.

11h30. La porte des studios de Nature Productions, où Allain Bougrain Dubourg travaille quotidiennement à la protection de la biodiversité, s’ouvre. Partout, des magazines animaliers. Ici et là, quelques dessins de reptiles et des posters d’autres animaux. Aucun doute : il s’agit de la bonne adresse. Quelques minutes plus tard, il vient se présenter. Vêtu d’un jean et d’un pull simple, il donne l’impression d’un homme avenant et sympathique. Très énergique, il sait que son combat n’attend pas. Mais ce qui est le plus frappant demeure la douceur de son visage qui n’exprime aucune aigreur, aucune agressivité… Juste une remarquable gentillesse.

Quelques minutes d’entretien suffisent pour comprendre à quel point Allain Bougrain Dubourg est passionné. Passionné par les animaux, par l’écologie… par le monde qui l’entoure. Des paysages orangés et désertiques du Kenya à la blancheur infinie de l’Antarctique, chacun de ses voyages a produit la même fascination. Son amour des animaux l’a toujours habité, au point qu’il leur a consacré sa vie entière. Dès l’âge de douze ans, il fonde le club des Jeunes Amis des Animaux (JAA) avec Jean-Paul Steiger. Il se passionne notamment pour les reptiles et les rapaces, espèces trop peu connues et mal jugées. Après ses études, il donne des conférences dans les écoles, et parcourt la France pour présenter une exposition itinérante, le Pavillon de la nature. Par la suite, tous ses projets seront liés à son intérêt pour la biodiversité. Il évoque son « privilège d’avoir parcouru la planète et rencontré ses habitants, hommes et animaux ».  

 

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Alain Bougrain Dubourg, journaliste et président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)

 

De l’émerveillement, il s’oriente ensuite vers l’engagement.  Car Allain Bougrain Dubourg n’est pas de ceux qui restent indifférents face à la cruauté. Bien au contraire, il souhaite agir et « faire passer un message ». Dès son plus jeune âge, il est convaincu que sa génération va sauver le monde animal. Et s’il affirme désormais que « le combat durera longtemps », il demeure convaincu que « nous aurions tort de désespérer », car bientôt « nous commencerons à nous comporter de manière éthique à l’égard de l’animal ». Ce combat, c’est notamment à la télévision qu’il le mène. De Terre des bêtes à Animalia, aux côtés de Dorothée ou de Michel Drucker, il rejoint les grandes figures représentatives de la défense de la biodiversité. Il devient journaliste « par un concours de circonstances » et acquière une grande notoriété. Cette profession va lui permettre de militer et de tout mettre en œuvre pour préserver l’environnement.

Lucide, il reconnait que le journalisme animalier n’a jamais suscité un engouement important. Malgré une actualité d’une grande richesse, les articles sur le sujet demeurent mélangés aux informations générales et il est rare que les médias consacrent une rubrique à la biodiversité. Néanmoins, il constate une évolution vers « une plus grande transversalité de l’information ». La radio et la télévision s’intéressent désormais plus à l’environnement que dans sa jeunesse et constituent un secteur professionnel attractif pour les futurs journalistes animaliers. Des journalistes qui, il en est sûr, peuvent avoir de l’influence et faire évoluer les mentalités s’ils respectent les règles journalistiques. Ne jamais négliger l’information pour s’en tenir à l’émotion, quand bien même ils choisissent de s’engager. Et surtout essayer de toujours « parler le langage de l’autre et de se mettre à sa place ».

 Mais cela ne suffit pas. Allain Bougrain Dubourg en est convaincu, « le meilleur moyen de toucher les gens, c’est de montrer des images ». Des images que tout le monde se doit de voir, y compris lui. Avec courage, il filme des scènes d’une terrible violence. Il se rend dans les abattoirs où soixante milliards d’êtres vivants sont saignés chaque année, au Canada où les bébés phoques se font massacrer. Il filme un centre de transit de la banlieue de Dakar pour dénoncer l’agonie des perroquets et assiste à de violentes scènes de capture de zèbres, dont le cri de désespoir résonne encore dans sa mémoire. Ces visions, il en fait des cauchemars, et face à certaines scènes de tortures et d’agonies, il a « le cœur en larmes ». Mais il veille « à ne rien laisser paraitre » pour pouvoir filmer et, par la suite, témoigner.

Ayant assisté à toutes ces scènes, il ne parvient que très difficilement à supporter l’indifférence et le mépris de ses interlocuteurs. S’il ressent parfois une peine profonde, c’est un sentiment de colère qui l’anime le plus souvent. Et lorsqu’il échoue, il se sent coupable, convaincu que les animaux paieront le prix, ô combien sanglant, de ses erreurs. Dans ces moments difficiles, c’est auprès des femmes de sa vie qu’il trouve du réconfort. Catherine Ceylac, Brigitte Bardot, Jeane Manson… Chacune d’elles partage sa passion et chacune d’elles l’encourage à poursuivre son combat. Et puis, il y a aussi ces inconnus qu’il rencontre et qui l’invitent à ne pas abandonner. Si bien que ces sentiments de douleur, de colère, de culpabilité, Allain Bougrain Dubourg parvient à les transformer en force. Ils lui permettent de ne jamais oublier  « que chaque seconde compte pour faire reculer la souffrance animale, car pendant que l’on tergiverse, les douleurs s’accumulent ».

Son métier de journaliste lui permet de rencontrer les responsables politiques. Il comprend alors que les animaux ne constituent pas une priorité et que l’un des problèmes majeurs de notre société réside dans notre perpétuelle  « hiérarchisation des souffrances ». Face à ce désolant constat, il choisit d’intervenir lui-même pour montrer que « chacun d’entre nous peut être acteur. Nous pouvons tous signer une pétition, participer à une manifestation, adhérer à une association ou simplement cesser de consommer un produit qui fragilise nos écosystèmes ». Et son combat, il le mène avec sincérité. Les honneurs, les compliments, les félicitations… Tout cela l’importe peu. La cause qu’il défend constitue son unique motivation. Cette cause pour laquelle il a tellement marché. Cette cause pour laquelle Il faut continuer de marcher.

Actualité et Société

20 janvier 2016

Les Deux Amis, un film plein de surprises…

 

Pour son premier long métrage, Louis Garrel revisite le thème du triangle amoureux. Mélange de tendresse et d’émotion, Les Deux Amis est un film touchant qui nous surprend de minute en minute.

Subtil, léger, tendre. Mais avant tout surprenant. Ainsi pourrait-on qualifier Les Deux Amis, sorti le 23 septembre 2015. L’histoire, héritière d’une longue tradition, est celle d’un triangle amoureux. D’un côté, Clément (Vincent Macaigne), figurant de cinéma attachant, mais fragile et suicidaire. De l’autre, Abel (Louis Garrel), son double plus sombre, sûr de lui et manipulateur. Un lien paradoxal, aussi salutaire que destructeur, unit ces amis de longue date. C’est alors que Mona (Golshifteh Farahani), jeune vendeuse au passé trouble vient compléter le trio et mettre leur amitié à l’épreuve.

Un film surprenant, donc. Surprenant lorsqu’avec talent, Louis Garrel associe tradition et modernité. La référence à Truffaut (Jules et Jim) est perceptible, les thèmes innovent peu ; mais, la musique électro et la succession de scènes rapides apportent davantage d’actualité au film. Lancé à pleine vitesse, le film ne s’arrête jamais, entre poursuites, chorégraphies, prises de bec et réconciliations. Quant aux personnages, ils paraissent à la fois complexes et touchants. Clément se révèle pathétiquement attendrissant, surtout face à un Abel, certes égoïste, mais sensible à sa manière. Quant à Mona, elle est incarnée par une Golshifteh Farahani éblouissante qui nous offre les scènes les plus émouvantes. Son angoisse lorsqu’elle rate son train, ou son désir de se libérer par la danse bouleversent le spectateur. Tel l’oiseau en cage que Clément lui offre, Mona représente à la fois l’enfermement et la quête de liberté.

 

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Abel (Louis Garrel), Mona (Golshifteh Farahani) et Clément (Vincent Macaigne)

 

Surprenant aussi par les liens tissés entre les personnages. Si le trio fonctionne à merveille, c’est aussi parce que chacun entretient une certaine ambiguïté dans son rapport aux autres. Le spectateur s’interroge en permanence : Qui aime qui ? Qui est sincère ? Que veulent-ils vraiment ? Les héros sont tour à tour amis, amants, traîtres et victimes. Si, au début, nos deux amis semblent unis par un lien profond et sincère, cette relation devient très vite plus paradoxale. Lorsqu’il donne son bain à Clément, Abel se transforme en père attentionné. Quelques scènes plus tard, on les retrouve dans le même lit, tels deux amants en déni. Certes, ces contradictions donnent parfois le tournis, mais cela permet à Louis Garrel de nous surprendre en permanence. Aucune clé, aucune réponse définitive n’est jamais fournie. Les personnages se mentent, se trahissent, se délaissent, mais sont aussi capables de générosité et semblent finalement tenir les uns aux autres. Aucun des personnages n’est entièrement détestable, ni complètement innocent, ce qui donne au film tout son relief. 

Surprenant enfin grâce au mélange des genres. Car la subtilité du film nait aussi de cette association entre légèreté et tragique, un mélange qui confère au film un grand réalisme notamment quand il s’agit de parler d’amour ou d’amitié. Certes, d’autres thèmes actuels et problématiques, tels que le suicide ou l’emprisonnement, ne sont pas assez développés, mais cela permet au réalisateur de les aborder sans s’éloigner du sujet principal : les relations humaines. D’autre part, cette alternance d’épisodes de tension et d’épisodes d’insouciance permet au spectateur de réfléchir sur des sujets de société tout en se distrayant. Ainsi, bien loin de simplement « se donner l’air profond », pour paraphraser Mona au sujet d’Abel, Louis Garrel fait preuve d’une grande finesse. D’autant plus que c’est aussi du surgissement de ces scènes dramatiques que naît le suspense intense et ininterrompu du film. Le spectateur se rend bien compte qu’à tout moment, un personnage peut commettre l’irréparable de quelque manière que ce soit. C’est notamment pour cela que ce premier long métrage demeure réussi : on attend le deuxième avec impatience…

 Actualité et Société

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25 décembre 2015

L'Union fait la France

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La Tour Eiffel en bleu, blanc, rouge après les attentats du 13 novembre

 

Au lendemain des attentats du 13 novembre, la réaction a été la même dans toutes les villes françaises : le rassemblement citoyen. Un rassemblement organisé autour des grands symboles nationaux, du drapeau tricolore à la Marseillaise.

 

Après les dramatiques évènements du 13 novembre 2015, un élan républicain s’est répandu dans toutes les villes françaises. Car si la cohésion des hommes politiques, appelée par Manuel Valls, s’est avérée de courte durée, celle de la population demeure incontestable. Les hommages aux 130 victimes des attentats se sont multipliés. Malgré l’interdiction de manifester sur la voie publique, les Français se sont rassemblés.  

Dans les universités de Lyon, Cergy-Pontoise, Toulon… la mobilisation était la même. Les étudiants français se sont réunis pour observer une minute de silence solennelle, respectée également à l’Assemblée nationale par les députés. Au lycée Georges Colomb-Bartholdi, ils se sont alignés pour former ensemble un immense « Peace and Love », signe de paix et de pacifisme. Le point d’orgue de cette union républicaine ? Le 27 novembre, journée d’hommage national. François Hollande a présidé une cérémonie en mémoire des victimes des attentats aux Invalides. Les Français se sont quant à eux réunis sur la place de la République, à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris et dans d’autres lieux de cultes.

Plus symbolique encore : l’ « Union Sacrée » des religieux. Les représentants des communautés juive, musulmane et catholique d'Evry-Courcouronnes et Ris-Orangis ont adressé ensemble un message de paix et de fraternité le 16 novembre. Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis, Khalil Merroun, recteur de la mosquée d’Evry et Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry, ont joint leurs mains en signe de solidarité.

Dans ce contexte, un sondage Harris interactive, publié le 23 novembre 2015 par 20 Minutes, a révélé que 77% des Français plébiscitaient un gouvernement d’union nationale. Car pour plus de 2 sondés sur 3, cela permettrait d’assurer davantage de sécurité et de renforcer la lutte contre le terrorisme. Une volonté qui n’est cependant pas partagée par la classe politique, notamment en raison du clivage qui oppose la majorité au Front National. Ils étaient néanmoins nombreux, le 14 novembre, à apporter leur soutien au chef de l’Etat et à suspendre la campagne électorale. Alain Juppé, candidat à la primaire et maire de Bordeaux, a affirmé que « la France [devait] fait bloc ».

Cette union s’est organisée autour des grands symboles nationaux. De la sortie du stade de France à l’Assemblée nationale, l’hymne national a vibré comme pour incarner la résistance contre le terrorisme. Les trois couleurs étaient elles aussi omniprésentes. La tour Eiffel, emblème parisien par excellence s’est illuminée de bleu, de blanc et de rouge. Sur les réseaux sociaux, chacun était invité à recouvrir sa photo de profil du drapeau national. Et François Hollande a lui-même appelé les Français à déployer l’étendard français aux fenêtres de leur maison. Les dessins et messages de soutien ont envahis la toile, autre signe de cette union républicaine.  Dans ce même élan patriotique, la devise de la capitale, « Fluctuat nec mergitur » est devenue un slogan de ralliement anti-terrorisme. 

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